S01E05 – Ayutthaya – Sukhothai – Nord Thaïlande

S01E05 – Ayutthaya – Sukhothai – Nord Thaïlande

Jour 9

Bye bye Bangkok ! C’est reparti pour une succession de différents transports en direction d’Ayutthaya. D’abord un Bus pour rejoindre le centre de Bangkok, puis le Skytrain et enfin un taxi pour rejoindre la gare routière de Chatuchak. Je trouve assez facilement le guichet pour acheter mon ticket en ayant au passage éconduit  2 chauffeurs privés proposant de m’emmener 800 bahts, alors que les deux sièges (un pour moi, un pour mon sac) du minivan me couteront au total 140 bahts. J’arrive à Ayutthaya au bout d’1h30 de route, et je termine le dernier kilomètre à pied pour rejoindre la Thongchai Guesthouse.

Je vais visiter les ruines au coucher du soleil, j’en fais assez vite le tour, elles sont vraiment abîmées. Je prends quelques photos, mais pour être honnête, j’aurai pu sauter cette étape.

Ayutthaya.
Ayutthaya.
Ayutthaya.

Jour 10

Ah ! la douceur du matin rattrape la déception de la veille. Je me prends donc un petit déjeuner à la fraiche, avec vue sur les ruines du temple au Say Coffee à 50m de la guesthouse. Assez classy, super service et donc, plus cher, mais je dois dire que c’est très agréable.

Jour 11

En route pour Sukhothai. Départ 10H45 en Tuk Tuk vers la gare routière, à fond les ballons sur la voie express, c’est fun, mais pas rassurant, je n’ose pas imaginer les conséquences en cas de crash. (voir la video plus loin dans l’épisode)

Le bus est en retard. J’en profite pour acheters des trucs à grignoter pendant le trajet. Un couple de retraités français s’impatiente derrière moi. Un peu perdu, ils se demandent ce qu’il se passe, le bus a seulement un quart d’heure de retard pour l’instant. J’ai envie de leur dire :  » hey les gars, oui vous êtes au bon endroit et ça fait juste un quart d’heure de retard, just wait !  » . Mais j’éprouve une certaine malice à les laisser mariner et à trouver la solution par eux même. Curieusement alors que je pourrais les aider, et que j’aurais plaisir à le faire, cette posture d’observateur, sans intervention, est tout à fait plaisante également. Il va de soi qu’en cas de danger immédiat, ma posture serait différente. L’élan naturel de contribution ne se traduit pas nécessairement par une action. Comment aider au mieux quelqu’un ? Te sens tu plus heureux quand on te donne la solution ou quand part toi-même, tu surmontes la difficulté.

En attendant le car pour Sukhohai.

Le bus finit par arriver avec 25min de retard. Bus tout confort et je me retrouve en haut, devant. Nice  !

On the road again ! Direction Sukhothai.

Le bus s’arrête au bout d’une petite heure. Déjà ? il est vrai que ceux qui sont montés à Bangkok ont 2-3 heures de route de cumulé. Je vais aux renseignements « Twenty minutes break, lunch free with ticket ». Cool ! j’apprends donc qu’avec le ticket on a un repas inclus. Je n’avais pas vu qu’il y avait un coupon détachable pour un repas gratuit (tu m’étonnes c’est écrit en Thaï). L’aire de repos est toute récente, spécialement prévue pour les bus. Je jette mon dévolu sur le stand des soupes de nouilles, je veux un truc léger et qui hydrate.

Aire de repos sur la route de Sukhothai.

Le bus repart, je décide d’écouter un peu de musique. Ce sera Billy Ze Kick et les Gamins en Folie, groupe rennais des années 90, connu pour leur tube OCB. C’est bien pratique d’avoir toute la musique dans le smartphone, pouvoir replonger dans les souvenirs à la demande. Cela crée un contraste « cérébral » que je kiffe. La distance géographique et temporelle entre ce que voient mes yeux (paysage défilant de Thaïlande) et ce qu’entendent mes oreilles (musiques de mon adolescence en Bretagne plus de 20 ans en arrière) crée un espace intérieur permettant de prendre conscience de l’étendue de notre esprit. Être au même instant en Thaïlande en 2017 et à Rennes en 1993, c’est vertigineux et jouissif. Il faut une distance suffisamment grande entre deux points de repère (de temps et/ou d’espace) pour vivre ça et le voyage en est l’instrument le plus approprié.

À l’approche de  Sukhothai, peut-être que le chauffeur est pressé d’arriver, mais je sens que sa conduite est de plus en plus speed et nerveuse. Ça fait une dizaine de jours que je suis en Thaïlande et je ne suis pas encore à l’aise avec la route, j’ai pas encore capté le feeling de la conduite thaï, il est trop tôt pour moi de louer un scooter. En Inde, j’ai trouvé ça plus simple curieusement, même si c’est plus chaotique. Bon en même temps, quand j’y ai loué un scooter, ça faisait 4 mois que j’y étais…

À peine descendu du bus, les chauffeurs de taxi partagé sont au taquet et essaye de choper tous les occidentaux, une feuille à la main avec la liste des principaux hôtels et guesthouse de Sukhothai avec le prix des courses en face. Les prix me semblent un peu abusés…mais je n’ai pas envie de marcher 2km avec mon sac de 15kg. Donc nous voilà entassés à 10 dans le pickup aménagé en taxi, je dois être le plus jeune, c’est assez drôle de voir ces retraités à l’aventure, un peu perdus…100 bahts.

Me voilà à l’EZ Guesthouse, super cadre, super accueil, petite chambre, mais très propre et sans doute refait à neuf récemment, avec la clim, les serviettes de bain qui sentent bon, de l’eau chaude, à moins de 10€ la nuit, vraiment cool. J’ai réservé sur agoda.com qui appartient au même goupe que booking.com, la différence c’est que généralement on paye à la réservation, ce qui permet d’avoir de meilleurs tarifs. En tout cas pour une première expérience Agoda, je suis ravi.

Je cherche sur Tripadvisor s’il n’y a pas un resto dans le coin qui se démarque un peu. Je vois qu’il y a une Pizzeria pas loin de la guesthouse, pas une franchise, mais une vraie pizzeria tenue par quelqu’un ayant étudié en Italie, les commentaires sont bons, allez ! Je tente. Je commande une Bacon…je kiffe, bien meilleur que beaucoup de restos de chez nous, ça fait du bien de retrouver des saveurs familières après une dizaine de jours de nourriture thaïlandaise . Le seul bémol c’est qu’en fromage seule la mozza est dispo, on est en Thaïlande et tout n’est pas facilement accessible, mais une aussi bonne pizza pour 7,5€ bière Leo de 65cl incluse, que demande le peuple.

Elle est pas belle ma pizza ?!

Jour 12

9h. après avoir donné à la réception un sac de vêtements à laver, je commande un Americano (équivalent d’un café allongé en France) et m’installe à une table avec mon ordi portable. Je note tous les jours ce que je fais histoire d’avoir une trace. J’ai encore plus de deux mois de voyage devant moi, et je ne me souviendrai pas de tout. Mais quelque chose est en train de se passer. Plus que des notes formelles, je commence à écrire vraiment en faisant des phrases et en intégrant mes réflexions. Ça fait plus de deux heures que j’écris juste pour reprendre la journée de la veille et les notes des journées précédentes…peut-être le début d’un plus long récit…

Le cadre de la guesthouse est vraiment chouette avec des plantes, du bois et des poissons. La famille qui tient la boutique est aux petits soins. Malgré, la route passante et la station-service juste en face, on se sent bien, il y a de l’air et une atmosphère très zen. (voir la video plus loin dans l’épisode)

L’après-midi, je pars à pied au Sangkhalok Museum, intéressant pour comprendre le peuple thaï à travers les poteries et céramiques anciennes. A l’entrée on me prête un livret en français permettant de faire la visite à son rythme. La traduction parfois approximative rend la visite un peu difficile à suivre malgré les quelques flèches au sol. La fin du livret indique de poursuivre à l’étage du bâtiment. Si je n’avais pas lu jusqu’au bout les explications, jamais je ne serais monté et du coup, jamais je n’aurais vu à mon avis les plus belles pièces du musée. En accédant à la salle, je constate que les éclairages sont éteints. Peut-être que le petit groupe de 5 ou 6 personnes croisé au rez de chaussée et moi, sommes les seuls visiteurs de la journée et que personne n’est encore monté ou que les gens ne lisent simplement pas jusqu’au bout…j’actionne alors les interrupteurs et les vitrines finissent par s’éclairer. Je peux alors admirer moult céramiques toutes décorés de motifs peints très détaillés. C’est fascinants, la créativité humaine est sans limite, et n’a jamais taris au fil des siècles. Depuis la nuit des temps, l’homme ne peut s’empêcher de créer. Tout objet étant support à l’expression à sa singularité. Et sans nécessairement chercher de « pourquoi » à chaque forme ou motif, je suis émerveillé du caractère unique de chaque objet tous semblable et différents à la fois. (encore une fois, les photos sont interdites)

Pose d’enseigne Thaï style. Sukhothai.
Pimp my ride ! Sukhothai.
Le soir, les stands de streetfood squattent les trottoires. Sukhothai.

L’expérience du train de nuit en Thaïlande m’ayant été vivement recommandée, j’entreprends donc, 2 semaines en avance, de réserver mon retour sur Bangkok en partant de Chiang Mai. Après quelques recherches, je vais sur le site 12go.asia. Waouh ! Il est grand temps, toutes les places en première classe sont réservées, et il en reste seulement une dizaine en seconde. Le système de réservation pour le train n’est pas automatisé comme en France, ça veut dire qu’il y a un mec de l’agence 12go qui va aller faire la queue au guichet comme tout le monde…je croise les doigts. Je rentre le numéro de ma carte VISA, je valide… et là je suis redirigé vers la page de contrôle : « Veuiller rentrer le code confidentiel envoyé par SMS au 06… » Et merde, c’est mon numéro français. Vite ! Je vire la carte sim thaï, je remets celle de mon opérateur français, je reboote le smartphone…allez allez, ça va expirer ! le téléphone se connecte au réseau, pas de SMS…toujours pas de SMS…et merde, paiement refusé car délai de réponse trop long…le SMS arrive enfin mais trop tard. Bon, je ne me démonte pas, je vais pas prendre de risque, on peut aussi payer par Paypal, les frais sont plus élevés mais je veux assurer le coup. Bingo, ça fonctionne. Ouf. Y’a plus qu’a espérer que la résa soit confirmée, car je n’ai pas d’autre options pour les dates…

Jour 13

Debout 8h, « Americano, please. ». Je récupère mon linge propre, repassé et plié pour 65 bahts (moins de 2€ pour 1,5kg), ça, c’est le kiffe! Ensuite, je pars pour Old Sukhothai. J’ai juste à traverser la rue pour prendre le bus-navette pour la vieille ville, située à une douzaine de kilomètres. Je profite du paysage qui défile à petite vitesse. Arrivé sur place je constate que l’entrée du site est gratuite (c’était aussi le cas à Ayutthaya), mais là je comprends pourquoi : comme le roi est mort récemment, pendant l’année du deuil qui suit, beaucoup de lieux historiques sont gratuits.

Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Old Sukhothai.

Je me promène pendant 2 bonnes heures dans le parc, oscillant entre espaces verts bien entretenus et ruines…moins bien entretenues. Pas mal de groupes de touristes français mais peu importe la nationalité ; smartphones, perches à selfie ou autre GoPro sont légions. Du coup, c’est compliqué de prendre des photos des monuments sans avoir quelqu’un prenant la pose dans le champ…ça me fait penser au premier épisode de la saison 3 de la série Black Mirror… apprécier l’instant et la beauté du lieu est optionnelle pourvu que la photo soit belle et ainsi obtenir des likes sur les réseaux sociaux.

Combien de perche à selfie peux-tu trouver ? Old Sukhothai.
C’est l’heure du gouter ! Old Sukhothai.
Des fleurs. Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Old Sukhothai.
Nénuphar power ! Old Sukhothai.

En rentrant, je m’arrête à la gare routière pour réserver le bus pour Chiang Mai. Je rentre ensuite à pied à la guesthouse. Pfiou ! bonne balade. Je troque mes chaussures contre mes tongs, et vais manger un green curry accompagné d’un pineapple shake tout à fait réconfortant.

Green curry et pineapple shake ! réconfortant après la bonne balade à la vieille ville.

C’est le deuxième après midi où je prends un bon temps pour écrire, ça me plait. Un laptop, du wifi, un café, une terrasse, de l’ombre, de l’air, What else ? Life is great !

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